"Et le bébé, c'est pour quand ?"

21 janv. 2018



Le 25 juillet 2016, je prenais la dernière pilule de ma dernière plaquette. La décision était prise depuis quelques mois, lorsque mon ordonnance arriverait à échéance, je ne la renouvellerai pas. J'ai eu ce premier rendez-vous avec ma gynécologue pour en parler. A ce moment-là, je n'avais pas vraiment de questionnement, j'étais confiante sur la suite des événements. J'ai quand même osé le "il faut bien en moyenne un an pour que ça marche ?", ce à quoi elle m'a répondu "non, c'est une moyenne générale, ça peut très bien arriver dans un mois, comme dans six, comme dans un an". Soit. Je suis donc repartie chez moi, le sourire aux lèvres, et une ordonnance d'acide folique à la main. La machine était lancée, j'allais pouvoir enfanter.

J'ai espéré dès le premier cycle. 

J'y ai cru très fortement, trop sûrement. J'ai essayé d'observer les moindres petits symptômes de mon cycle, les ai comparé à tout les témoignages possibles et inimaginables trouvés sur Doctissimo. Et puis je suis tombée de haut. Mes règles sont arrivées après quelques jours de "retard". J'étais bêtement persuadée que ça pourrait fonctionner dès le premier cycle, alors j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant quelques minutes, puis je me suis ressaisi, me disant que ça fonctionnerait le cycle prochain. Et j'y ai encore cru. A la fin de celui-ci, des pertes de sang pouvant, selon moi, annoncer la nidation. Mais non. Mon cycle s'était juste raccourci, passant de 31 jours pour le premier, à 26 pour celui-ci. Et j'ai fais le yoyo comme ça pendant plusieurs cycles, alternant un cycle "long" de 31 jours, et des cycles courts de 24 à 26 jours. J'ai tout tenté à ce moment là, la courbe de température, les tests d'ovulation... Tout semblait "normal". J'obtenais un graphique digne de ceux trouvés sur Google, mon pic de LH (l'ovulation) marqué nettement par une chute de température. De même pour les tests d'ovulation, la deuxième barre fonçait indubitablement le jour J. Mais dix jours après, et seulement dix jours après, le coup de poignard tombait, ces pertes annonçant la fin du cycle en cours, et le début du suivant. Là encore, j'ai fouillé tous les forums possibles, trouvant à chaque fois qu'une phase lutéale de dix jours était bien trop courte pour une possible nidation, et que celle-ci résultait sûrement d'un manque de progestérone. A côté de ça, j'avais aussi cette acné persistante, douloureuse et inesthétique qui me gâchait la vie et me faisait me poser des questions. Et si j'avais un problème ? 

Les mois, les cycles sont passés et ils se ressemblaient tous, se répétaient sans cesse, entraînant à chaque fois la même issue. De la déception. J'avais cette phase d'espoir en deuxième partie de cycles, remplie de "et si...". Mais elle se soldait toujours par un échec, et bien souvent par des larmes. Puis un nouveau cycle recommençait, l'espoir avec lui. 

Et puis les un an d'essais sont arrivés. 

Le cap. Celui où l'on vous dit "bon, il n'y a encore rien d'inquiétant, mais on va quand même faire quelques examens pour s'assurer que tout va bien". J'en étais là. Arrivée à ce fameux stade où je ne voulais pas. J'avais cette appréhension de faire ces examens et découvrir que quelque chose clochait. Et en même temps, je me disais que si c'était le cas, on trouverait une solution. Mon médecin m'a donc prescrit un bilan hormonal, et une échographie. Tout va bien. Les taux hormonaux sont bons, l'échographie n'a rien montré d'anormal, et à ce moment là, le 10 août 2017, on a même pu voir que mon ovulation approchait, mon ovaire gauche révélant un follicule de 22mm. Je me suis dis que c'était la bonne, j'avais toutes les cartes en mains, je savais que j'ovulais, et surtout, ça m'a confirmé le fait que j'arrivais bien à repérer mon ovulation (merci les pertes caractéristiques de celle-ci et les douleurs aux ovaires). Mais l'échec, encore une fois. 

Nous sommes aujourd'hui le 19 septembre. J'approche doucement des 14 mois d'essais, et j'ai à mon actif 15 cycles infructueux. Je suis à l'aube du seizième, et je sais qu'il va arriver d'ici quelques jours. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun doute possible. J'ai décidé d'entamer les nouvelles démarches et vais prendre un rendez-vous avec une gynécologue spécialisé dans la médecin de reproduction, et de l'infertilité. 

Je pensais pouvoir être maman fin 2017.

Je ne voulais pas en arriver là. Je pensais, comme toutes femmes qui se lancent dans cette aventure, que tout se passerait pour le mieux, que ça prendrait quelques mois tout au plus. Au lieu de ça, je ne sais même pas si je pourrai être enceinte à la fin de l'année. 
J'ai tenté de garder le secret des essais. J'avais cette envie de l'annoncer à mes proches en leur faisant une surprise. J'avais imaginé l'annonce. Mais rien ne se fera comme prévu. J'ai finis par cracher le morceaux, par me confier. Mais j'ai souvent droit à ces phrases qui blessent, celles que l'on encaisse en souriant mais qui, au fond, nous achève. "Vous êtes jeunes, vous avez le temps", "ça va, tu es encore dans la norme". Et puis les autres ceux qui ne savent pas mais qui enfoncent le clou "alors, le bébé c'est pour quand ?", "ah tu ne bois pas... t'es enceinte ?!!!" Je souris, à chaque fois que je les entends, et pourtant, j'ai envie de hurler que non, je ne le suis pas, après plus d'un an passé à espérer. 

A ce jour, je n'ai pas encore pris la décision d'avouer nos essais infructueux à tout notre entourage, je n'ai pas non plus pris la décision de publier cet article, ni aujourd'hui ni dans les jours à venir. Je suis indécise. Mettre des mots sur mes maux m'a tout de même fait du bien, et il est certain que vous finirez par lire cet article. J'espère qu'entre temps, je n'aurais pas eu besoin de me rendre à ce rendez-vous chez la spécialiste, que bébé se sera installé secrètement. Mais j'en doute. J'ai perdu cette foi que j'avais au début, cette confiance, et j'ai cette intuition, au fond de moi, qui me dit que nous ne réussirons pas si facilement.

Edit : Nous voilà aujourd'hui en janvier. Voilà quatre mois que j'ai écris cet article et depuis, quelques petites choses ont changé. Mes cycles se sont succédé, et j'en suis au 20 ème. Je vous parlai au dessus d'un rdv chez une spécialiste qui n'était pas encore prit. Il fût prit, et nous nous y sommes rendu, mon amoureux et moi, le jeudi 9 novembre. Un premier rdv pour un bilan d'infertilité. Rien que ce mot en ferait fuir plus d'un. Elle nous a posé tout un tas de questions sur nos antécédents et n'a trouvé, à ce stade, rien qui expliquerait cette infertilité. Mais à vrai dire, ça, nous le savions déjà. Elle nous a donc expliqué qu'elle était la deuxième étape : des examens. Ceux-ci n'ont pas encore été réalisé, car ils ne sont pas réalisables dans l'hôpital de notre ville. Nous devons donc nous rendre à une petite heure de chez nous, mais pour ça, il faut s'organiser, et ce n'est pas simple. Et puis, il faut trouver le courage de sauter le pas, le courage d'admettre que nous avons, peut-être, un problème, et que nous devons potentiellement se faire aider par la médecine. C'est loin d'être anodin. Alors, en attendant, on espère, et on patiente...

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